Reprise de prothèse
totale de genou
Comprendre pourquoi une prothèse totale de genou peut nécessiter d’être révisée, et comment se déroule cette chirurgie plus complexe qu’une pose initiale.
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La durée de vie d'une prothèse de genou
Classiquement, la durée de vie d’une prothèse totale de genou (PTG) est estimée à une vingtaine d’années. Pourquoi ces prothèses ont-elles une durée de vie limitée ? Quels sont les mécanismes qui vont amener à proposer un changement ? Comment procéder pour changer une prothèse totale de genou et quels résultats peut-on en attendre ?
Composition d'une prothèse totale de genou
Une prothèse totale de genou est composée de 3 implants (fémur, tibia, rotule) qui sont fixés à l’os, et d’un polyéthylène interposé entre le fémur et le tibia prothétique.
La fixation à l’os se fait de deux façons :
- La plus ancienne : par du ciment chirurgical (méthacrylate de méthyle).
- La plus moderne : sans ciment, grâce à un effet de surface associé à une substance ostéo-inductrice (hydroxyapatite).
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Composition d’une prothèse totale de genou : implant fémoral, polyéthylène (blanc), plateau tibial et rotule prothétique.
Les causes de reprise
Il existe trois grandes causes qui peuvent conduire à reprendre une prothèse totale de genou :
- Faillite mécanique des implants : descellement aseptique des composants fémoraux, tibiaux, ou des deux.
- Fracture de l’os autour des implants, compromettant leur fixation.
- Infection des prothèses, avec ou sans descellement des implants.
Le présent chapitre aborde la faillite mécanique des implants, c’est-à-dire le descellement aseptique des prothèses totales de genou, cause la plus fréquente.
Pourquoi les prothèses de genou se descellent ?
La cause principale est l’usure du polyéthylène. Avec le temps et l’utilisation du genou prothétique, le polyéthylène va progressivement s’user et son épaisseur va diminuer.
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Polyéthylène usé retiré lors d’une reprise chirurgicale : l’usure et la déformation sont visibles.
Par ailleurs, les débris d’usure ne disparaissent pas : au contraire, ils restent dans l’articulation du genou et vont être phagocytés par les macrophages pour tenter de les éliminer. C’est la réaction macrophagique.
Cette réaction entraîne une résorption osseuse à l’interface os-prothèse. Lorsqu’elle devient importante, elle conduit à la faillite de la fixation de la prothèse à l’os, et donc au descellement des implants.
Comment cela se manifeste ?
Cliniquement, le descellement se traduit par :
- Des épanchements articulaires avec « gonflement » du genou.
- Des douleurs à la mobilisation.
- Des douleurs à la marche, réduisant progressivement le périmètre de marche.
Comment fait-on le diagnostic ?
La surveillance radioclinique
Tout patient opéré d’une PTG doit avoir une surveillance radioclinique par son chirurgien orthopédiste. Cette surveillance régulière permet de :
- Surveiller l’épaisseur du polyéthylène à la radio.
- Vérifier l’absence de liséré radiologique à l’interface ciment-os ou prothèse-os.
Votre chirurgien doit vous revoir tous les 2 ans, voire tous les 5 ans, en consultation avec des radiographies du genou prothétique.
Devant une PTG qui se met à faire mal
Il faut penser au descellement devant toute prothèse totale de genou qui allait bien et qui se met à faire mal, surtout en appui ou à la marche.
Consultez alors le chirurgien qui vous a posé cette prothèse, ou un autre chirurgien orthopédiste si ce n’est pas possible.
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Radiographie de face d’une prothèse totale de genou en place.
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Radiographie de profil d’une prothèse totale de genou en place.
Les examens complémentaires
L’examen clinique et les radiographies permettent souvent de poser le diagnostic si le descellement est évident. Dans le cas contraire, sont prescrits :
- Un scanner du genou.
- Une scintigraphie osseuse.
- Un bilan biologique sanguin.
En quoi consiste le traitement chirurgical ?
Il faudra :
- Enlever l’ancienne prothèse.
- Reconstruire l’os si nécessaire, par des greffes osseuses.
- Remettre une nouvelle prothèse de genou.
Cette chirurgie est plus lourde et plus difficile qu’une primo-implantation de PTG. Elle nécessite le recours à des prothèses spéciales de reprise, souvent plus volumineuses et complexes que les prothèses standard, avec beaucoup d’options pour faire face à tous les cas de figure.
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Pièces prothétiques retirées lors d’une reprise : condyles fémoraux et polyéthylène usés.
Les suites opératoires
Les suites opératoires sont plus longues qu’après une prothèse de première intention.
- Une période de décharge peut être indiquée en fonction des cas, pour permettre l’intégration d’une éventuelle greffe osseuse.
- La durée d’hospitalisation en clinique varie entre 5 et 7 jours.
- La rééducation post-opératoire est primordiale et nécessite souvent d’être réalisée en centre de rééducation spécialisé.
Les résultats
Les résultats fonctionnels sont souvent moins bons qu’après une primo-implantation, avec en général une perte de quelques degrés de flexion.
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Reprise progressive de la marche après une chirurgie de reprise de PTG.
Les complications
Les complications post-opératoires sont les mêmes que pour une prothèse totale de genou en primo-implantation :
- Complications générales (phlébite, embolie pulmonaire, décompensation d’une pathologie sous-jacente).
- Hématome post-opératoire.
- Infection, dont la prise en charge reste lourde.
- Nouveau descellement à long terme, possible et un peu plus fréquent qu’après une prothèse de première intention.
- Raideur articulaire post-opératoire.
Ces risques sont abordés en détail lors de la consultation pré-opératoire.
Questions fréquentes
À quelle fréquence dois-je faire contrôler ma prothèse ?
Une consultation tous les 2 à 5 ans, avec des radiographies du genou prothétique, est recommandée. Cette surveillance permet de détecter précocement les signes de descellement et d’intervenir au bon moment.
Comment savoir si ma prothèse commence à se desceller ?
Les signes évocateurs sont l’apparition de douleurs à l’appui ou à la marche, un gonflement récidivant du genou, et une réduction progressive de votre périmètre de marche. Ces signes doivent conduire à consulter votre chirurgien orthopédiste.
Combien de temps dure la récupération après une reprise ?
La récupération est plus longue qu’après une prothèse de première intention. Une période de décharge peut être indiquée pour permettre l’intégration d’une greffe osseuse. La rééducation, souvent en centre spécialisé, est indispensable.
Le résultat sera-t-il aussi bon qu’après ma première prothèse ?
Les résultats fonctionnels sont souvent légèrement inférieurs à ceux d’une première prothèse, avec typiquement une perte de quelques degrés de flexion. Mais dans la grande majorité des cas, la reprise permet de retrouver un genou fonctionnel et indolore.
Puis-je demander un deuxième avis ?
Bien sûr, et c’est même recommandé pour une chirurgie de reprise, qui est complexe. Je peux vous transmettre votre dossier complet, y compris les documents opératoires de votre première prothèse, pour faciliter cette démarche.
La chirurgie est-elle prise en charge par la Sécurité sociale ?
Oui. La reprise de PTG est prise en charge dans les conditions habituelles. Étant conventionné secteur 2, des compléments d’honoraires peuvent s’appliquer ; ils vous seront communiqués de façon transparente avant l’intervention.
Prendre rendez-vous
Pour une consultation ou un deuxième avis concernant une prothèse totale de genou existante, vous pouvez me contacter :
- Clinique du Parc, Castelnau-le-Lez : consultations le lundi.
- Clinique Via Domitia, Lunel : consultations le mercredi.
- Hôpital Privé de Salé, Rabat (Maroc) : sur rendez-vous, tél. & WhatsApp : +212 6 22 75 69 05.
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