Technique · Genou

Transposition de la
tubérosité antérieure du tibia

Recentrer la rotule dans la trochlée pour soulager les douleurs, limiter l’instabilité et ralentir la dégradation cartilagineuse.

Les indications

La transposition de la tubérosité tibiale antérieure (TTAT) est indiquée dans :

  • Les syndromes fémoro-patellaires.
  • Les instabilités rotuliennes.
  • Les luxations rotuliennes récidivantes.
  • L’arthrose fémoro-patellaire isolée.

Elle peut être réalisée seule ou en association avec d’autres gestes chirurgicaux :

L'origine du problème : la désaxation et la bascule externe de la rotule

Visuel à intégrer

Anatomie du genou : rotule, cartilage, fémur, tibia, tendon rotulien et aileron rotulien externe.

La rotule s’emboîte dans la trochlée fémorale, qui est une gorge plus ou moins profonde. Cet emboîtement harmonieux dépend des formes osseuses, des tendons et des ailerons rotuliens.

Une rétraction de l’aileron externe, associée à une insertion trop latéralisée du tendon rotulien et de la tubérosité tibiale antérieure, provoquent une bascule externe de la rotule voire un véritable déplacement de celle-ci sur le côté, responsable d’un défaut de contact des surfaces articulaires.

Cela entraîne une hyperpression localisée du cartilage externe de la rotule et de la trochlée, occasionnant :

  • Une gêne à type de douleurs.
  • Des blocages.
  • Des gonflements.

Lorsque la bascule est importante, elle peut entraîner une instabilité voire de véritables luxations de la rotule. Cette hyperpression externe peut également générer progressivement des lésions cartilagineuses.

En cas d’évolution défavorable avec le traitement kinésithérapique et médical, se pose alors la question d’une intervention.

Le but de l'opération

Le but de la chirurgie est triple :

  • Soulager les douleurs.
  • Limiter l’instabilité.
  • Ralentir la dégradation cartilagineuse.

L’intervention consiste à recentrer la rotule dans la gorge trochléenne afin de lui redonner un jeu harmonieux.

La technique chirurgicale

Section de l'aileron rotulien

Une section de l’aileron rotulien externe est d’abord réalisée. Ce geste est systématique, car le décentrage externe de la rotule s’accompagne toujours d’une rétraction de l’aileron rotulien externe. Il se fait soit à ciel ouvert, soit sous arthroscopie.

Transposition de la TTA

Par la suite, une incision est réalisée à la partie supérieure du tibia. La tubérosité tibiale antérieure est exposée puis sectionnée. Elle est ensuite translatée et repositionnée au milieu du tibia, puis fixée par deux vis.

Ces deux gestes permettent de bien repositionner la rotule au milieu de la trochlée et de la stabiliser.

Visuel à intégrer

Avant/après TTAT : la tubérosité tibiale antérieure est translatée et fixée par deux vis, ce qui recentre la rotule.

Anesthésie et durée

  • L’intervention peut être réalisée sous rachianesthésie ou anesthésie générale.
  • Durée moyenne : moins d’une heure.
  • Hospitalisation : environ 2 à 3 jours.

Les suites opératoires

  • Pansement stérile et attelle de compresso-cryothérapie (Game Ready) mis en place après l’opération.
  • Le traitement de la douleur est instauré, surveillé et adapté de manière très rapprochée dans la période post-opératoire.

Rééducation et reprise des activités

  • Le lendemain de l’intervention, le kinésithérapeute vous lève et vous aide à marcher avec une attelle de genou et 2 cannes béquilles pendant 6 semaines.
  • À la sortie de la clinique, vous réalisez la rééducation chez votre kinésithérapeute.
  • Reprise du volant et du travail : envisageable au 2e mois, selon votre profession (une activité de bureau pouvant être plus précoce).
  • Reprise des activités sportives : généralement après le 3e mois.

Les risques et les complications

  • La douleur : les douleurs post-opératoires restent habituellement tout à fait tolérables.
  • Les hématomes : tout intervention peut entraîner un saignement, favorisé par le traitement anticoagulant. Une nouvelle intervention pour évacuer les caillots peut, rarement, devenir nécessaire.
  • L’infection : risque de toute opération, dépistée précocement par la surveillance des premières semaines. Un lavage chirurgical peut s’avérer nécessaire, associé à un traitement antibiotique adapté.
  • La phlébite : formation d’un caillot dans une veine, malgré la prévention anticoagulante. Complication qui expose au risque d’embolie pulmonaire.
  • L’algodystrophie : inflammation importante du membre inférieur, imprévisible, plus fréquente chez les personnes anxieuses. Traitement médical et rééducation prudente. Évolution vers la guérison souvent longue (plusieurs mois).
  • La raideur : limitation de la flexion ou de l’extension, souvent due à des adhérences. Peut nécessiter une mobilisation sous anesthésie ou une arthrolyse.
  • Complications cutanées : cicatrice douloureuse, zones d’anesthésie ou névrome.
  • Fracture ou mauvaise consolidation de la TTA : peut survenir et nécessiter un traitement spécifique.

Les risques énumérés ne constituent pas une liste exhaustive. Je reste à votre disposition pour évoquer chaque cas particulier avec les avantages, les inconvénients et les risques de l’intervention.

À quels résultats peut-on s'attendre ?

L’amélioration des douleurs et des phénomènes d’instabilité est rapide après l’intervention. La récupération complète de la mobilité et de la force musculaire survient en général entre le 2e et le 3e mois.

Le résultat sur la douleur dépend de l’existence et de l’importance des lésions cartilagineuses associées. Un traitement médical complémentaire peut alors s’avérer nécessaire (viscosupplémentation, AINS) ainsi que de la rééducation.

Une récidive de l’instabilité peut survenir lors de certaines activités, pouvant nécessiter un geste complémentaire.

Les résultats sont encourageants : on obtient une amélioration des douleurs et de la fonction du genou dans plus de 80 % des cas, et une stabilisation de la rotule dans plus de 90 % des cas.

Questions fréquentes

Combien de temps avec l’attelle ?

L’attelle et les cannes béquilles sont nécessaires pendant 6 semaines pour protéger la fixation de la tubérosité tibiale antérieure et permettre sa consolidation.

Peut-on associer la TTAT à d’autres gestes chirurgicaux ?

Oui, c’est même souvent le cas. La TTAT peut être associée à la section de l’aileron rotulien externe (SARE), à la plastie du MPFL, ou à une trochléoplastie, en fonction des anomalies anatomiques identifiées lors du bilan.

Combien de temps avant de reprendre la conduite ?

La reprise du volant est envisageable au 2e mois. Une consultation de contrôle permet de valider individuellement votre aptitude à conduire.

Combien de temps avant de reprendre le sport ?

Les activités sportives peuvent généralement être reprises après le 3e mois, de façon progressive et adaptée.

Est-ce que la rotule peut redevenir instable après la chirurgie ?

Une récidive de l’instabilité peut survenir lors de certaines activités, mais reste rare. La stabilisation de la rotule est obtenue dans plus de 90 % des cas. En cas de récidive, un geste complémentaire peut être proposé.

La technique est-elle prise en charge par la Sécurité sociale ?

Oui. L’intervention est prise en charge dans les conditions habituelles. Étant conventionné secteur 2, des compléments d’honoraires peuvent s’appliquer ; ils vous seront communiqués de façon transparente avant l’intervention.

Prendre rendez-vous

Je pratique la transposition de la TTA sur mes trois sites d’exercice :

  • Clinique du Parc, Castelnau-le-Lez : consultations le lundi.
  • Clinique Via Domitia, Lunel : consultations le mercredi.
  • Hôpital Privé de Salé, Rabat (Maroc) : sur rendez-vous, tél. & WhatsApp : +212 6 22 75 69 05.

Prendre rendez-vous

Pour une consultation en vue d’une transposition de la TTA, prenez rendez-vous sur l’un de mes trois sites d’exercice.