Pathologie · Hanche

Coxarthrose
arthrose de la hanche

Comprendre, diagnostiquer et traiter l’arthrose de la hanche : des traitements médicaux à la prothèse mini-invasive, en passant par les techniques de conservation tissulaire.

Qu’est-ce que la coxarthrose ?

La coxarthrose est le terme médical désignant l’arthrose de la hanche. Il s’agit d’une usure progressive du cartilage qui recouvre la tête fémorale et l’acétabulum (la cavité du bassin).

La hanche est une articulation portante essentielle : à chaque pas, elle supporte trois à cinq fois le poids du corps. Lorsque son cartilage s’use, les surfaces osseuses finissent par frotter directement entre elles, entraînant douleur, raideur et boiterie.

La coxarthrose est l’une des arthroses les plus invalidantes : elle limite rapidement la marche et le sommeil, et peut considérablement altérer la qualité de vie lorsqu’elle n’est pas prise en charge. Heureusement, c’est aussi l’arthrose pour laquelle la chirurgie prothétique apporte les résultats les plus spectaculaires.

Anatomie de la hanche

La hanche est une articulation sphérique appelée énarthrose, dont la stabilité et la mobilité font la complexité. Elle est composée de :

Schéma anatomique de la hanche : cotyle, tête du fémur, col du fémur, labrum
Anatomie de l’articulation coxo-fémorale : le cotyle (cavité du bassin) accueille la tête sphérique du fémur, surmontée d’un anneau de fibrocartilage appelé labrum.
© Source à compléter
  • La tête fémorale : extrémité supérieure du fémur, en forme de sphère, recouverte de cartilage.
  • L’acétabulum (ou cotyle) : cavité du bassin qui accueille la tête fémorale, également recouverte de cartilage.
  • Le labrum (ou bourrelet cotyloïdien) : anneau de fibrocartilage qui renforce le bord du cotyle et contribue à la stabilité.
  • La capsule articulaire et les ligaments qui assurent la stabilité passive.
  • Les muscles péri-articulaires (fessiers, pelvi-trochantériens) qui assurent la mobilité et la stabilité active.

L’usure cartilagineuse peut débuter en différents points de l’articulation, ce qui explique la variété des présentations cliniques et radiographiques de la coxarthrose.

Les symptômes

Les symptômes apparaissent progressivement et s’aggravent au fil du temps. Les plus caractéristiques sont :

  • La douleur du pli de l’aine : c’est le symptôme le plus typique, irradiant parfois vers la cuisse antérieure ou le genou.
  • La boiterie, parfois insidieuse au début, qui devient ensuite plus marquée.
  • La raideur articulaire : difficulté à se chausser, à couper ses ongles de pied, à s’asseoir bas, à monter en voiture.
  • La limitation du périmètre de marche, qui se réduit progressivement.
  • Les douleurs nocturnes : la hanche fait souffrir au coucher sur le côté atteint et peut réveiller en seconde partie de nuit.
  • La perte de mobilité, notamment en rotation interne (le mouvement le plus précocement limité dans la coxarthrose).
  • Le retentissement sur la vie sexuelle : sujet rarement abordé mais fréquemment vécu, lié à la perte d’abduction et à la douleur.
La douleur de la hanche peut tromper : elle se manifeste parfois exclusivement par une douleur du genou. C’est l’examen clinique qui rétablit le bon diagnostic.

Causes & facteurs de risque

Coxarthrose primitive

La forme la plus fréquente. Elle survient après 50-60 ans, sans cause spécifique identifiée. Le terrain familial, le surpoids et les sollicitations mécaniques cumulées en sont les principaux facteurs.

Coxarthrose secondaire

  • Le conflit fémoro-acétabulaire (CAM ou Pincer) : anomalie de forme entre la tête fémorale et l’acétabulum, fréquente chez les sportifs.
  • La dysplasie de hanche : insuffisance de couverture cotyloïdienne, parfois congénitale.
  • La nécrose aseptique de la tête fémorale : destruction par défaut de vascularisation (corticothérapie, alcool, drépanocytose, plongée, idiopathique).
  • Les séquelles traumatiques : fracture du cotyle, du col du fémur, luxation de hanche.
  • Les rhumatismes inflammatoires : polyarthrite, spondylarthrite ankylosante, chondrocalcinose.
  • Les séquelles de pathologies pédiatriques : épiphysiolyse, maladie de Legg-Calvé-Perthes.

Le diagnostic

L’examen clinique

  • Localisation et intensité de la douleur (pli de l’aine, fesse, cuisse, genou)
  • Mobilités de la hanche, particulièrement en rotation interne (premier signe précoce)
  • Boiterie et analyse de la marche
  • Inégalité de longueur des membres inférieurs
  • Retentissement fonctionnel

Les examens complémentaires

  • Radiographies du bassin de face en charge et de la hanche : suffisent dans la grande majorité des cas.
  • Faux profil de Lequesne : incidence radiographique spécifique de la hanche.
  • IRM : utile en cas de suspicion de nécrose aseptique débutante, d’atteinte du labrum.
  • Scanner ou arthroscanner : indiqué avant chirurgie complexe.

Les stades de la coxarthrose

La classification radiographique la plus utilisée est celle de Kellgren et Lawrence, qui distingue quatre stades :

  • Stade 1 : doute sur un pincement articulaire, ostéophytes minimes.
  • Stade 2 : ostéophytes nets, pincement articulaire débutant.
  • Stade 3 : pincement articulaire marqué, ostéophytes francs, sclérose osseuse.
  • Stade 4 : pincement majeur (os contre os), géodes, déformation osseuse.
Le stade radiographique n’est pas le seul critère de décision. Certains patients souffrent énoxément avec un stade 2, d’autres sont peu gênés avec un stade 4. La décision thérapeutique repose toujours sur la combinaison du stade radiographique et du retentissement fonctionnel.

Les traitements médicaux

Modification du mode de vie

  • Perte de poids lorsque la surcharge pondérale est présente
  • Adaptation de l’activité physique : vélo, natation, marche sur terrain plat
  • Éviter les sports à fort impact et à pivot
  • Utilisation d’une canne du côté opposé en cas de boiterie marquée

Kinésithérapie

  • Maintenir et améliorer la mobilité articulaire
  • Renforcer les muscles fessiers, stabilisateurs essentiels
  • Travailler l’équilibre et la proprioception

Infiltrations articulaires

Plus rares que dans le genou, les infiltrations de hanche se réalisent obligatoirement sous contrôle radiologique (radioscopie ou échographie). Le PRP n’est pas réalisé personnellement ; je peux vous orienter vers un confrère spécialisé lorsque cette option est pertinente.

Les traitements chirurgicaux

Chirurgie conservatrice

Chez le patient jeune sans arthrose évoluée, deux options spécialisées existent : arthroscopie pour conflit fémoro-acétabulaire et ostéotomies péri-acétabulaires. Je ne pratique pas personnellement ces interventions, mais je peux vous orienter vers un chirurgien confrère spécialisé.

Chirurgie prothétique

C’’est la solution de référence dans la coxarthrose évoluée. La prothèse totale de hanche apporte un soulagement spectaculaire de la douleur et une restauration de la fonction très satisfaisante. Les techniques modernes privilégient la chirurgie mini-invasive et la préservation des tissus mous.

Comment décide-t-on d’opérer ?

La décision d’opérer une coxarthrose n’est pas une question d’âge. Elle repose sur la combinaison de trois critères, évalués ensemble en consultation :

  • Le degré d’arthrose : l’importance de l’usure visible sur les radiographies.
  • L’impotence fonctionnelle : ce que vous ne pouvez plus faire au quotidien.
  • Votre état général : votre santé globale et votre capacité à supporter une intervention.

Aucun de ces critères pris isolément ne justifie une chirurgie. La décision se prend toujours avec vous, à la lumière de votre situation personnelle.

Mon approche : la voie SuperPath®

Pour la pose de prothèse totale de hanche, je pratique exclusivement la voie SuperPath®

Une technique chirurgicale mini-invasive développée aux États-Unis, que je pratique depuis janvier 2017. Sa particularité fondamentale : la hanche n’est jamais luxée pendant l’intervention. Les muscles, tendons et capsule articulaire sont intégralement préservés.

Je suis par ailleurs chirurgien formateur agréé pour le laboratoire MicroPort Orthopedics et transmets cette technique à des chirurgiens orthopédistes français et internationaux.

En savoir plus sur la technique SuperPath®

Questions fréquentes

La douleur dans le genou peut-elle venir de la hanche ?

Oui, et c’est fréquent. La douleur d’arthrose de la hanche peut se projeter dans la cuisse antérieure et le genou. Beaucoup de patients consultent pour un « problème de genou » alors que la hanche est responsable. L’examen clinique permet de faire la différence.

À partir de quel âge peut-on poser une prothèse de hanche ?

L’âge n’est pas le critère principal. La décision dépend du degré d’usure du cartilage, de l’importance de votre gêne fonctionnelle, et de votre état de santé général. On peut tout à fait opérer un patient jeune très handicapé (notamment en cas de nécrose ou de dysplasie évoluée), comme on peut différer une chirurgie chez une personne âgée encore peu gênée.

Combien de temps dure une prothèse de hanche ?

Les prothèses modernes ont une excellente longévité. Plus de 95 % sont encore en place après 15 ans, et la plupart durent toute la vie d’un patient opéré après 60 ans.

Pourrai-je refaire du sport après une prothèse ?

Oui, la plupart des patients reprennent une activité sportive adaptée. On privilégie les sports portés ou à impact modéré : vélo, natation, marche, randonnée, golf, ski de fond.

Vais-je vraiment pouvoir m’asseoir bas et croiser les jambes ?

Oui. C’est l’un des avantages majeurs de la voie SuperPath®. Parce que les muscles stabilisateurs et la capsule articulaire postérieure sont préservés, votre hanche est stable dans toutes les positions dès le premier jour.

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